Le cinéma et la vidéo occupent une place de choix dans ma culture et mes loisirs – j’aurai donc plaisir à vous faire partager mes coups de cœur ou mes impressions sur cet inépuisable sujet.
Un vrai régal que ce petit film concocté par Adam Sandberg, référentiel en diable avec en leitmotiv tous les petits travers filmiques et scénaristiques en cours dans les productions ciné des années 80. Nous ne sommes même plus au stade de l’Easter Egg, tant chaque image, chaque scène, regorge de clins d’œil à des productions ludiques ou cinématographiques/télévisuelles de l’époque.
Je suis un vieux fan de la trilogie Mad Max, de ceux qui encore maintenant se retapent dès qu’ils le peuvent le second opus, un pur chef d’œuvre qui a marqué son époque et influencé une tripotée d’autres auteurs/créateurs. Alors oui, c’est comme pour Sergio Leone, il y aura toujours des jusqu’au-boutistes qui pinailleront en arguant de petits bémols qui sont généralement le fruit d’une subjectivité mal identifiée (comment ça, moi-je ?). Un peu comme Mad Max Fury Road, tout n’est pas parfait, et pour cause, ça ne l’est jamais (Once upon a time in the West, peut-être ?)… et on s’en fout, non ? Hier soir, j’ai pris une super claque, en matant un film tout simplement grandiose.
Je pourrais faire l’audit de toutes les qualités esthétiques du film, mais finalement c’est peut-être son seul défaut. À force d’esthétisation et de design, on arrive un peu à une ambiance de type jeu vidéo. Tout est sale, mais magnifiquement sale. Le désert est sablonneux et aride à souhait, mais toujours photogénique et bordéliquement bien rangé (j’oximorise si je veux… et j’hapaxe si je veux aussi… et je barbarise si ça me prend… je vous embête avec vos libertés personnelles, moi ?). C’est beau, la rétine en prend pour son grade (mode général des armées), et il y a constamment des trouvailles qui démontrent que notre ami Miller n’a rien perdu de son inspiration, au contraire. Il en a sous le capot, le géniteur de notre ami Babe le cochon ! Mention spéciale à l’orchestre ambulant qui déambule au gré de la chevauchée sauvage initiée par Immortan Joe, lancé aux trousses de l’Imperator Furiosa. C’est réellement magnifique, bourré d’idées… mais un poil trop propre peut-être, et en cela Mad Max 2 restera éternellement plus sauvage et transgressif que le bruyant mais un brin (ca)racoleur Fury Road.
Bon, après faut pas non plus déconner, c’est du grand cinéma. En tant que spectateur, je suis devenu une petite boule de flipper frénétique, subissant les impulsions sauvages d’une narration sans temps morts. J’exagère à peine, les quelques et brèves scènes d’exposition ou transition ne sont que de petits oasis avant un énorme tour de grand huit. Je me rappelle péniblement certains films où la frénésie d’images laissaient à la fois dubitatifs et presque nauséeux (Avengers 2 ?)… C’est tout à fait loin d’être le cas de Mad Max Fury Road qui enquille ses séquences avec une belle virtuosité, sans sombrer dans la pétarade grottesque ou d’intenses et inutiles séquences de destruction massive (ce qui devient le passage obligé des productions hollywoodiennes depuis quelques années).
Au niveau de l’intrigue, j’ai l’impression que Fury Road est effectivement davantage un reboot qu’une suite. J’aurais même envie de dire qu’on est pas loin du remake du second opus de la précédente trilogie, tant certaines thématiques et intrigues sont réactualisées. Rédemption/changement de bord pour le sidekick ; chevauchée sauvage dans les deux récits, avec des ressorts similaires (faux convoi destiné à tromper et décimer l’ennemi pour le film avec Gibson, et changement de plan permettant de tromper et décimer l’ennemi dans le second) ; enfin, phase nihilisme/obsession/rédemption/vengeance pour notre Max Rockatansky qui semble tout juste sorti du drame vécu dans le 1er Mad de la première Trilogie, qui conditionne toute la psychologie de héros (et son titre). C’est d’ailleurs amusant comme le Fury Road fait un pont avec le précédent opus, en n’explicitant jamais les raisons des visions psychotiques de Max / Tom Hardy. Les vieux de la vieille sont dans la confidence, tandis que les nouveaux spectateurs, loin d’être stupides (Miller fait donc le pari contraire à la majorité des producteurs hollywoodiens qui insistent généralement très lourdement en évitant toute ellipse narrative et en forçant le trait à l’aide de procédés type image sepia/moirée/sous-titrée « ten years ago »), doivent malgré tout postuler sur les raisons ayant poussé Max à toujours fuir des fantômes qui n’en finissent pas de le hanter.
Alors, Tom Hardy dans le rôle de Max ? Personnellement, j’ai adoré, et il n’y aucune comparaison avec la prestation déjà magistrale de notre bon vieux Mel Gibson. Le Max de Mel était sauvage, à fleur de peau, quelque part à la fois fragile et incorruptible. Le Max d’Hardy est davantage animal, massif, presque ahuri. Mais justement, l’acteur nous offre un personnage complètement différent, plausible, et sympathique.
Charlize Theron ? Comme d’hab, ai-je envie de dire… Elle capture l’objectif, et s’accapare les moments émouvants et grandioses (la découverte du destin de la terre verte…). Véritablement, Charlize Theron est certainement la plus grande actrice de sa génération, ce qui n’était pas gagné avec son physique de mannequin peroxydé.
Nicholas Hoult nous offre enfin un rôle véritablement consistant en terme d’interprétation (pas que je l’aime pas en bleu dans la saga x-men, mais retrousser les babines n’est pas non plus ce que j’attends d’un acteur… et puis au passage, vous vous êtes pas marré, vous, quand vous avez vu sa première version du Fauve ?). Que ce soit dans Warm Bodies ou Jack et l’abricot magique (oui, ce n’est pas un haricot, arrêtez de croire tout ce que vous lisez sur des blogs comme le mien, y a que des névrosés qui sont capables d’écrire autant d’inepties en se prenant au sérieux), il convainquait, certes, mais n’émouvait pas. Miller lui offre un rôle casse-gueule par excellence, et au contraire, il révèle toute la palette d’un acteur qui l’air de rien, est en train de réaliser une belle et jeune carrière (maintenant que nous sommes convaincus qu’il n’a pas besoin de prothèses faciales, quoi !).
Oulà, bonjour cher blog ! Faute de temps, j’ai un peu délaissé cet espace web virtuel, mais bon, j’ai commis l’erreur fatale d’aller voir le film Saint Seiya : la légende du Sanctuaire au ciné, ce jour…
Déjà, et ça reste un point de vue très personnel, qui ne rencontre pas beaucoup de compréhension de mes congénères et concitoyens français… je ne supporte pas cette traduction douteuse de « chevalier »… LES CHEVALIERS DU ZODIAQUE ! Non mais, stop Dorothée powa les gars ! Qu’il y a 30 ans, les experts marketing émettent de doutes concernant la traduction littérale du mot « saint » dans un pays exemplaire en terme de laïcité, je peux encore l’accepter… Mais maintenant, dégager la dimension chrétienne qui imprègne totalement le récit en lui juxtaposant tout une culture médiévale qui l’air de rien est hors sujet dans une intrigue qui digère les icônes de la mythologie grecque, ça me saoule carrément.
Alors que j’ai allégrement passé le cap de la quarantaine, je kiffe (notez le verbe faussement d’jeun pour établir un contraste un brin putassier et provocant) « Saint Seiya ». « Saint », c’est un terme qui invoque le sacré, le miraculeux, le vertueux. « Saint » est un terme qui désigne un héros en révélant par avance sa grandeur et son destin hors du commun. Mais bon, on peut pas dire que ce soit encore le cas dans le film minable qui vient de sortir, hein ?! Nan, y a définitivement rien à voir avec la série d’antan, avec ses héros emplis d’abnégation qui en bavaient des vertes et des pas mûres afin de sauver leur vénérée déesse. Oui Monsieur ! Y en avait de l’ascension dans l’ancienne série, de l’épiphanie, de la théophanie… du spectacle quoi !
Saint Seiya, c’était simplement assister à l’apologie du miracle en dessin animé… Les héros se faisaient passer dessus, laminer, désintégrer, déchiqueter… à la fin il invoquait le droit à un gros miracle (avec une rapide prière à Athéna, sans amen), et ils l’avaient. C’était beau, émouvant, poignant, captivant, et unique dans le paysage animé et audiovisuel. Je me rappelle, ému, Hyoga en train de ramper, réduit à l’état de zombie pathétique, suscitant la compassion du Saint du Scorpion (changé en femme dans le film en 3d, sans doute pour convenir à des aspirations à la parité ou simplement parce qu’affubler un dard à une Sainte a peut être émoustillé les scénaristes, je sais pas…)… Je me rappelle Seiya, face à un Aiolia furieux, complètement écrasé et désespéré par son adversaire, supplier « une fois, une fois seulement », avoir la force de surpasser son opposant. Je me rappelle Shiryu, décidant d’en finir avec Shura dans une belle imitation du dernier lancement de la fusée ariane. Je me rappelle Ikki empoignant Shaka dans une séquence nihiliste et qui reste encore l’exemple même de la notion de sacrifice. Je me rappelle Shun, maudissant sa propre nature, incapable d’achever un adversaire qui va pourtant le tuer quelques secondes plus tard.
Des moments incroyables, qui montraient des héros humains, ravagés de doutes et de souffrances, trouvant la foi et s’y accrochant comme des puces sur le dos d’un chien à poils longs, prêts à tout sacrifier pour un idéal, un ami, une cause. L’air de rien, des icônes qui n’ont jamais été d’autant d’actualité à une époque où la jeunesse est sans cesse moquée et bousculée par un système qui ironiquement les manipule et les transforme en bons petits soldats. Eh, les jeunes, prenez le temps de mater la vieille série, et vous verrez d’autres petits jeunes traités de haut par leurs ainés. Ou alors matez le film, et comprenez qu’on ne vous propose comme philosophie que de l’esbroufe servant à vous tendre un miroir, dont le but est de vous métamorphoser en bande de powerangers sous acide. J’ai carrément halluciné en écoutant le discours finale d’Athéna / Saori Kido, qui nous la fait petite fille élue qui comprend pas mais qui veut bien quand même être une déesse parce que voila, elle a des amis, quoi… Changer le monde, se battre contre l’injustice, c’est trop compliqué, passé de mode, et ça permet pas de faire du marketing direct vendeur de goodies.
Seiya a troqué sa panoplie de combattant infaillible et vertueux pour celle du clown maladroit mais tellement attachant (attachiant ?) ; Shiryu a évolué en psychorigide maniaque du contrôle, littéralement assommant ; tandis que Shun et Hyoga sont devenus des beaux gosses interchangeables, aussi lisses que transparents. Reste Ikki, qui a perdu son nihilisme désespéré pour une mâle attitude décomplexée qui ne lui sert plus à grand chose (« oh mince, j’ai perdu ! »).
Alors le souci, c’est que c’est beau, on a l’impression de mater une compilation des cinématiques de Final Fantasy, et l’univers décrit n’est pas dégueulasse… à condition de s’exonérer de l’ancienne série, de sa richesse tant thématique que scénaristique, de la caractérisation formidable des différents protagonistes de l’histoire (héros comme adversaires), d’une certaine vision de la femme (contrairement à ce que j’ai lu récemment, l’ancienne Athéna elle en avait dans la culotte : pour ceux qui ont un doute, je les invite à visionner le refus qu’elle oppose à un Poséidon génocidaire), d’une intrigue savoureuse dont l’issue restait incertaine jusqu’aux dernières minutes de la première série… Ils ont même retiré à Saga sa rédemption ces enfoirés !
En fait, le film est marqué par l’héritage des films hollywoodiens produits ces dernières années, la franchise Transformers en tête (y a qu’à voir le petit canon articulé sur l’épaule de Camus… ridicule). Ca pête de partout, les armures et les personnages se transforment comme les robots de Michael Bay, et on sent le principe du bigger and louder (rien que la scène d’ouverture laisse dubitatif avec une scène digne d’un shoot them up). Si en sus on ajoute les incohérences (tiens, Hyoga est maintenant à coté de Shiryu dans la maison du Cancer), les délires comiques (la scène avec Masque de Mort, hommage aux pires moments musicaux des films disney), le design très tendance tatoo / jeunes bourgeois bobo (le petit anneau dans le nez ou la lèvre, les tatouages), et la déstructuration méthodique de l’intrigue initiale pour coller aux contraintes de temps, il ne reste pas grand chose à sauver de ce navet intersidéral. Voir le massacre réalisé dans ce film, c’est un peu comme assister à la trilogie du Lord of the Ring réduit à un trailer d’une heure trente.
Pour être totalement honnête (oui, ça m’arrive), ce film est une purge en considération de l’œuvre initiale. Mais si vous n’avez pas connu ou aimé la série des années 80, sa vision peut finalement être une expérience sympathique, tout du moins visuellement. Personnellement, je n’ai jamais tant aimé la série initiale, qui demeure définitivement un trésor unique en son genre. Et je ne suis pas un regretteur d’hier comme l’a si bien chanté Alain Souchon, mais juste un gars qui n’a pas retrouvé la saveur de ce qu’il appréciait avant.
Je vais personnellement tâcher de vite laver mon cortex des restes de ce spectacle abêtissant. À l’Athéna geignarde et neuneu du film, je préfèrerai toujours celle qui murmure à un Ikki désespéré, alors qu’elle-même git sous la pluie, une flèche dans le cœur : « Non Ikki, ce n’est pas la fin… » Une belle leçon de grandeur et de résistance, à laquelle le film n’a su, à aucun moment, rendre hommage.
La fin du combat opposant Shiryu à Shura, pour le plaisir… Rien qu’en entendant la voix du regretté Henri Djanik, ça me fout les larmes aux yeux T_T
Bon, actu rapide, sobre, éclair, éphémère et surement promise à intéresser 3 chats pelés, mais rediffusion de the Fog de John Carpenter le 3 février 2014 à 0h55… Un des rares films du maître que je n’avais jamais vu, et que j’ai eu le plaisir de découvrir hier sur la chaine de la culture (que j’aime presque autant que la chaine LCP).
Quoi ? Je vous avais dit que ça vous intéresserait pas… C’est pas une raison pour dégoûter ceux qui aiment :-p
Mon premier Stephen King fut Christine (suite à la vision de la formidable adaptation de John Carpenter au ciné), mon second fut Carrie. J’avais 14 ans, j’étais parti en vacances chez mes grands-parents à Annecy, et j’avais lu le roman d’une traite, en un après-midi. Ensuite, j’ai vu le film de De Palma, mais le roman reste une des plus belles productions du maître de l’épouvante à l’américaine, et j’ai été carrément déçu (contrairement à Christine… mais le film et le livre sont en fait radicalement différents, Carpenter accomplissant un tour de force en sublimant le propos du livre tout en respectant ses éléments constitutifs).
Durant longtemps, la couverture du livre de poche avec une reproduction graphique du visage effrayé et sanglant de Sissi Spacek a hanté ma bibliothèque, avant que je ne le prête et ne le revisse jamais (mais je suis nul en bricolage, j’avoue). Je l’ai lu au moins trois fois, car sa structure et son intrigue restent encore aujourd’hui résolument modernes et actuelles (flashback, coupure ou article de presse, témoignage, etc.).
Apparemment, un remake est en train d’être parachevé, et j’ai découvert à l’occasion d’un surf aléatoire, la vidéo de la production qui, pour faire le buzz, a réalisé pour le coup une caméra cachée pas piquée des hannetons. Personnellement, j’aurais flippé comme mes enfants devant la chauve-souris de Viva Pinata (private joke avec mes gosses, huhu !)…
Bon, j’avoue, mon titre est un poil négatif, mais j’ai l’impression ces derniers temps de ne faire que des articles sur des films adaptés de comics… Vu qu’il a été annoncé à peu près partout que nous allons être inondés de longs métrages de ce genre autrefois marginal, il y a d’une part un insidieux son de machine à jackpot qui me tilte aux oreilles, et d’autre part une forme de désenchantement en voyant les icônes papiers perdre leur âme sur l’autel du grand public.
Il y a quelques semaines, je suis allé voir le Superman de Zack Snyder, et j’en suis ressorti paradoxalement assez dubitatif, malgré la qualité évidente du film et surtout la finesse du traitement réservé à l’icône super-héroïque. « Bigger and louder », c’est à peu près ce que je constate maintenant en me rendant dans les salles obscures, même si je ne peux échapper à cette tendance au vu des productions qui accaparent mon budget ciné… M’interrogeant récemment sur ma tendance à ne voir que des blockbusters hollywoodiens, une petite introspection rapide sur le sujet m’a surtout révélé une segmentation de ma consommation cinématographique par rapport aux différents médiums à ma disposition. Si je reste éclectique dans mes goûts, à l’évidence des films à gros budgets induisant un caractère spectaculaire ont peu de chance de révéler tout leur potentiel sur ma TV Led, tandis qu’un film intimiste, visionné dans le confort douillet de mon foyer, en tout intimité donc (cohésion thématique), y trouvera le support idéal, surtout au vu des progrès foudroyants liés à l’avènement du numérique.
Il y a des cinéastes qui s’installent avec le temps parmi les valeurs sûres ; l’espagnol Guillermo Del Toro est ainsi devenu au fil de quelques films une figure marquante du grand écran, avec des œuvres populaires et fortes comme les deux Hellboy ou le fameux Labyrinthe de Pan. Suivant depuis quelques mois les avancées de la production de Pacific Rim, j’étais tout de même curieux de voir le résultat d’un genre qui, l’air de rien, semblait complètement casse-gueule, soit le combat entre des monstres titanesques et des robots géants.
Ce soir sur Arte, fin de la série initiée par Frédéric Azéma, qui s’est révélée, au fil des épisodes, de plus en plus palpitante. J’invite les amateurs potentiels à découvrir un excellent article de Benjamin Nilset (Pourquoi faut-il regarder la nouvelle série d’Arte, Odysseus), sur le site de l’express.fr, qui résume avec précision et justesse les avantages et défauts de la série. Personnellement, je ne partage pas les reproches faits sur la reproduction/représentation de la mythique Ithaque, car au contraire je trouve le résultat foncièrement réaliste. Beaucoup oublie que le concept de foule et de surpopulation urbaine est essentiellement moderne, et pour un petit royaume insulaire, la représentation très intimiste du palais, me semble assez fidèle à ce que pouvait être ce type de petite aristocratie isolée. À l’arrivée, le résultat se permet en outre de flirter avec la thématique de la tragédie grecque, en nous offrant un spectacle à la croisée du feuilleton et de la pièce théâtrale.
La fête du cinéma c’est bien, surtout quand cela me donne l’occasion de voir deux films d’horreur/épouvante d’affilée sans avoir à me ruiner. En ayant surtout comme ambition d’aller voir le film de Barry Levinson dont les bons échos n’ont cessé de me titiller l’oreille, j’ai décidé de faire un petit combo en matant Dark Skies dans la foulée. Dark Skies et The Bay pour 7 € en cinémascope, soit 3 heures d’épouvante et de grandes sensations, c’était comme pour me racheter d’avoir rater le récent remake d’Evil Dead !
En lisant quelques critiques en diagonale, histoire de ne pas trop me déflorer une intrigue qui tient en ses suspenses divers le vrai plaisir du film, j’avais cru voir des références à Sinister tant en terme de thématique que de traitement. N’ayant pas vu ce film, mais me rappelant les similitudes faites avec Insidious (vous me suivez ? en résumé, ça donne Dark Skies > fait penser à Sinister > qui fait penser à Insidious = Dark Skies > Insidious), j’attendais donc une histoire d’home invasion, avec des petits relents fantastiques ou mystiques. Et rien ne me surprit malheureusement la rétine, avec un cahier des charges très propre et très archétypal, livrant un produit calibré et tristement prévisible. Le pire étant malgré tout une paradoxale absence de tension. Le harcèlement alien repose en grande partie sur une pression sociale qui est peut être la véritable bonne idée du métrage, mais qui est un ressort inattendu voire incongru dans ce type de production. La caractérisation, la mise en situation qui fait écho au profond sentiment de crise qui secoue les vieilles sociétés occidentalisées, sont autant de choix scénaristiques qui à la fin consternent ; si l’idée est de mettre en parallèle la menace extraterrestre avec la montée des pays asiatiques, il serait même possible de discerner une forme de xénophobie primaire, mais gageons que le réalisateur et les scénaristes n’aient pas volontairement voulu aller jusque là.