Ceux qui me connaissent, peu à vrai dire, savent ma passion, le mot est très faible, pour la mythologie grecque. J’ai compris assez récemment que cette passion est d’ordre existentielle, karmique pour ainsi dire. C’est un monde que j’ai connu, c’est une pensée, une manière de pensée qui est revenue, qui s’est imposée tranquillement avec le temps, que j’ai d’abord laissée m’infuser avant de m’y plonger avec le dessein d’y aller des abysses aux abîmes. Etrangement, mon corps, même à mon âge de maturité, reste grec, et la nature, cette farceuse, m’a lotie d’un pied, le droit, parfaitement et clairement grec (ou alors mon pied fait un orteil d’honneur, au choix).
Avec le temps j’ai appris qui était ma déesse, ou mon ange gardien selon le nom qu’on veut donner à cet être supérieur dont nous ne sommes qu’une petite étincelle pétillante, j’ai compris certains choix, certaines inclinations, certaines positions, et si vous êtes un peu sagace en lisant ces lignes et que vous aussi votre mémoire vous démange, vous comprendrez de quoi je parle. Je continue de dire et de penser que les mots nous révèlent, la manière de dire, de parler, de signifier, nous montre comme nous sommes. Je suis un homme verbeux et complexe car il y a toujours eu en moi quelque chose qui me dépasse et me submerge, que j’ai toujours accueilli avec joie et reconnaissance, une énergie, une passion, une exaltation, une exultation que mon verbe clarifie et expose. En conclusion de cette petite incise facétieuse et truculente, comme à mon habitude, je préciserai que j’ai compris ou du moins j’admets la possibilité d’avoir été davantage phénicien que grec. Car il me reste à déchiffrer une énigme qui m’a été donné par des moyens occultes et dont le sens profond m’échappe encore. Une phrase aux consonnances orientales, presque arabisantes, qui ne correspond pas à un langage connu, ou du moins que j’ai pu reconnaître.
Donc, quand je vais voir l’Odyssée de Nolan, j’y vais avec ferveur et calme, enthousiaste à l’idée de voir les ombres d’un monde que je continue d’aimer et appréhendant les déformations, les défigurations notamment idéologiques que tout cinéma hollywoodien commet en permanence. Dans le domaine des arts, à chaque époque, à chaque société, la mythologie a servi de cosplay pathétique pour ne parler que de soi et surtout se mettre en scène ou mettre en scène des mythes pour célébrer les conventions d’un présent de jouissance matériel et bien éphémère. Petite pensée à la naissance de Vénus de Cabanel que vous pourrez découvrir dans le sublime musée d’Orsay, qui me fera toujours sourire avec sa nymphe alanguie sur sa vague en rouleau, comme on s’allonge sur un canapé, escortée par son petit aéropage d’angelots musiciens – s’il y a bien un boulot à faire, c’est sortir Aphrodite, la déesse sublime, de ce carcan niaiseux où l’on rangé une armée de libidineux limitant l’amour à un corps nu de femme
Et si on échappe pas, film ricain, film friqué, film à moyens, film pompier par excellence à la petite dimension tic et toc, bling bling, du genre, le constat ne peut être que laudateur. J’ai adoré le film, et pour tout dire la seule faute de goût, à mon sens, est la musique finale, celle du générique de fin, véritablement abominable (incompréhensible en soi – à se demander si un producteur n’a pas imposé ce délire). Enfin, tout est affaire de goût, je me devais d’indiquer la seule véritable dissonance que j’ai ressentie lors de mon expérience.
Je pourrais commettre une analyse alambiquée, précise et bavarde, mais en ce moment j’aime aller à l’essentiel. J’adore le personnage d’Ulysse/Odysseus pour tant de raisons qu’il me serait fastidieux de les énumérer. J’ai par ailleurs réalisé une peinture abstraite, la seule de mon existence, à l’âge de 23 ans, qui est l’illustration de l’Odyssée, ou du moins une de ses possibles illustrations dont je n’ai par ailleurs jamais vu la manifestation (mais dans le monde foisonnant des idées humaines, je me méfie de la prétention à l’exclusivité). Dans le cadre de mon travail actuel, j’ai créé il y a maintenant plus de 35 ans ma propre version d’Odysseus, que j’ai conservé plus ou moins dans les formes et le fond avec le temps.
Au moment de mon adolescence, quand je commence à lire et vraiment m’informer sur la mythologie grecque, je découvre à quel point Odysseus (on l’appellera comme ça car Ulysse est une latinisation et je déteste les « latins », ces vrais barbares voleurs et menteurs) est une fieffé salopard. Je venais d’Ulysse 31, avec son super Papa au sourire si doux (et sa voix magnifique, regretté Claude Giraud, un acteur dont je vous invite à redécouvrir la beauté magnétique dans la série des Rois Maudits) et donc subir violemment un retour de réalité, en découvrant les récits mythologiques originels, me fut très pénible alors (à présent vu que c’est mon quotidien, mon lot permanent, je suis maintenant plus qu’habitué). Comment ça, Ulysse, un salaud, un enfoiré de première ? Et les grecs l’adoraient, ils adulaient sa Métis, ce talent lui permettant de tromper, duper, trahir, mentir, pour toujours l’emporter ? Ce champion du Malin (et de la malice) serait la vérité de ce héros à la sagesse « athénienne » (ou athénéenne, au choix) ? Fort de cette vérité paradoxale, c’est toujours avec curiosité et un brin de défiance que j’aime à découvrir à quelle sauce mon cher Odysseus me sera servi, et pour le coup celle de Nolan, à défaut d’être irrévérencieuse, est d’une exquise saveur.
Le véritable protagoniste de l’Odyssée : le temps (oui j’ai osé un titre pour une fois – mais rien qu’une fois, faut pas déconner).
Enfin, la question du temps, celui qui a passé, celui qui a tout dévasté, blanchi, grisé, sali, meurtri, est posée et montrée. Oui, il y a 20 putains d’années entre le moment du départ pour Troie et le retour. 20 ans, ça fait des rides, ça fait du bide, ça fait de l’amertume amassée comme l’écume des vagues qui inlassablement caressent la plage inerte de l’esprit… Et j’ai adoré ce qu’en fait Nolan, non un constat de tristesse et de regrets, mais bien au contraire un moment de joie dans la chance qui est donné à deux êtres de vivre enfin un bonheur qu’ils ont toujours eu le talent de garder, de conserver, de protéger, alors que tout un monde les poussait à s’abandonner. D’ailleurs, la fin du film m’a évoqué une autre oeuvre/histoire que j’adore, celle du Comte de Monte Cristo. Notamment la vieille série de Denys de la Patelière, avec un Jacques Weber très jeune et émouvant d’une fragilité contenue – à l’évidence, la stature de son rôle l’ébranle parfois, ce qui rend sa prestation encore plus magnifique. A la toute fin du récit de Dumas, le Comte redevenu Dantès (le damné) constate avec dépit mais lucidité que son histoire avec Mercedès s’est achevée, pour cause de la trahison, même justifiable, qui a marqué leur histoire. Et chacun s’en va de son coté, même si la providence fait que l’homme soit accompagné d’une douce et jeune compagne (sacré Dumas !) dont il accepte avec une noble désinvolture la compagnie (sacré Edmond !). Dans le film de Nolan, pas de résignation, pas d’abandon, pas de regret, un couple qui se retrouve car l’amour n’a que faire du temps et des erreurs. Rien que pour ça, j’aime ce film car il dit tout de ce qu’est le véritable amour. L’Odyssée de Nolan célèbre l’amour véritable et ça fait du bien dans une société où les gens se consomment à présent bien plus qu’ils ne savent aimer.
L’attente et la loyauté, ces choses désuètes.
Oui, le film de Nolan parle de l’attente, mais aussi de la loyauté, celle du coeur, tellement loin de ce renoncement, de cette facilité, de cette petitesse auxquels ce monde court-termiste nous invite en permanence à préférer. Odysseus et Pénélope se gardent, se préfèrent, et c’est un sacrifice qui devient une torture, qui devient un supplice, et Nolan montre en permanence à quel point c’est un combat, empli de doutes, empli d’angoisse, l’incertitude toujours planant comme un rapace affamé au-dessus de deux êtres qui se sont reconnus et qui luttent pour ne jamais laissé personne s’immiscer dans leur bonheur d’un couple parfait car parfaitement dans l’idée de se rester l’un à l’autre. Et je n’écrirai pas ici pourquoi tout cela me parle et m’enivre, mais je sais parfaitement de quoi il en retourne.
Mon verdict car j’ai dit que j’écrirai pas des tonnes et je doute d’en être capable…
Alors oui, les toujours aussi chiants intégristes du texte, qui par ailleurs n’ont pas compris à quel point l’Odyssée est un récit alchimique, symbolique, ésotérique, stéganographique, vont se faire un plaisir à énumérer les différences, les abandons, les trahisons, les concessions, avec le récit initial. Pas d’Eole, mais le choix de Nolan que je trouve personnellement formidable, aura bien été de laisser le monde divin dans l’enclos d’un ailleurs dont la présence est ressentie, crainte, espérée ou niée, sans sombrer ni dans le mysticisme ostentatoire ni dans l’agnosticisme facile. Les dieux sont des forces, des forgeurs ou des influenceurs de destin, mais c’est bien l’idée de dynameis, que j’adore, qui est au coeur du récit. Ils ne sont pas ou plus des tourmenteurs cruels mais bien des puissances qui sont là pour faire de l’épreuve des preuve, laissant l’être humain faire un choix d’être ou de surêtre. Odysseus est ici celui qui suscite la curiosité divine, car comme le révèle Tirésias au moment très réussi de la catabase, Odysseus est celui qui a vraiment le choix, qui saura vraiment en comprendre la réalité et la tragédie. C’est d’ailleurs magnifique ce qu’en fait Nolan et ses scénaristes, soit le choix du mensonge, de la manipulation, non par dessein égoîste et falacieux, mais bien dans l’idée de sauver cet autre qui fera nécessairement le mauvais choix si tu lui donnes. Le passage de Charybde et Scylla et son antonyme (pour sa résolution inverse) avec le troupeau d’Hélios, démontre justement la tristesse, l’échec, l’impuissance, qui est le lot d’un Odysseus qui est incapable de sauver ceux qu’il aime et dont il se sent responsable. Car Nolan rend son héros sublime en montrant le choix d’une intelligence qui au fur et à mesure est mise au service d’une noblesse de coeur et réduite à néant devant la réalité implacable du libre-arbitre de tous ces autres qui ont le seul tort de n’être que simplement humains.
Et l’air de rien, Nolan donne corps à une idée qui fait partie des miennes, celle de la théodicée ; en bref, notre vie est déjà écrite, et souvent les choix ne sont que des routes dont nous voyons les possibilités, non pour les choisir mais pour en mesurer les différences par l’expérience (l’important n’est pas l’étape en soi, mais la manière dont elle est vécue, appréhendée, ce qu’elle génère et ce qu’elle provoque en soi). Dans le film de Nolan, j’ai retrouvé la même notion que j’ai développée dans ma propre version, soit montrer que l’échec, l’épreuve, le combat, révèle la personne dans sa grandeur et l’aide à se dépouiller, à accomplir une pèlerinage (perte des peaux) intérieur qui à la fin mène au soi véritable (le Roi). J’ai trouvé émouvant et brillant le choix du scénario d’inclure le lotus, cette fleur amnésiphore (ne cherchez pas, c’est un néologisme greco-centré), dans le processus qui suit le naufrage final. Même si je regrette que soit éludé l’épisode avec les lotophages qui renvoie à notre propre société, à toutes celles qui finissent par s’oublier pour éviter de se voir et surtout pour ne pas voir le mal où elle se complait (et là apparaît la lourdeur de la thématique dans une intrigue déjà complexe), j’ai trouvé l’abus du lotus vu comme une sorte de soutien thérapeutique très pertinent voire insolent (vu l’abus de substances anxiolytiques dans nos démocraties pourtant si heureuses et abouties).
Allez, je pourrais m’exalter encore longtemps, mais je dirais laconiquement que le passage du Cyclope, de Polyphème pour le nommer est génial, évoque la toile de Goya avec son Saturne, Cronos dévoreur d’enfant, renvoie à des oeuvres comme celle d’Odile Redon, mêlant l’horreur et le burlesque, le monstrueux et le pathétique avec un immense talent. Le miracle de rendre émouvant ce géant meurtri et solitaire, qui tamise le passage de son troupeau avec délicatesse alors que quelques minutes avant il dévorait avec malice mais non sans candeur des soldats achéens. Qui sont les monstres, qui mange qui, qui agresse l’autre, dans ce passage rien n’est clair et ce refus du manichéisme facile est encore un point fort de l’intrigue.
Le passage avec les Lestrygons est cocasse, l’occasion d’illustrer la dénonciation de la guerre et des armes qui est en filigrane dans le film. Ce ne sont plus des géants lanceurs de rochers mais bien les avatars hypertrophiés, le reflet monstrueux de la propre armée d’Odysseus qui de prédateurs deviennent proies. Toute situation géopolitique actuelle faisant écho à cette thématique étant bien entendu purement fortuite.
Circé, Kirké dans mon coeur où elle trônera toujours avec puissance, est dépeinte comme une vieille sorcière désabusée et misanthrope, moment de « body horror » pour reprendre l’anglicisme qui désigne le cinéma de Cronenberg qui en aura été le mécène infatigable. J’avoue que même si je trouve le passage très réussi, parfait en soi, ma propre vision de la puissante sorcière, elles ne sont pas pléthores dans le monde mythologique grec, me fait un peu tiquer. Je dois avouer que j’ai été très marqué par la version de Lob et Pichard, dont ma propre version est un hommage clair. Entre dénonce ton porc et le sort des parents dans le Voyage de Chihiro, Nolan démontre toute sa virtuosité dans la narration d’histoire par l’image, une scénographie pour le coup irréprochable. Mais j’ai aimé la petite touche celte de l’ensemble – la Circé de Nolan fait un clin d’oeil appuyé à l’Europe du nord, que certains pensent origine réelle de l’Iliade. Circé devient une sorte de Morgane perdue dans le temps, à la fois fragile et perfide, à la fois redoutable et pathétique.
La catabase est un très grand moment, dans un passage elliptique du meilleur effet, très symbolique, très onirique, avec toujours une mise en scène et un cadrage irréprochable. J’en aurais des choses à dire sur ce sujet qui me passionne, et mon seul regret repose sur l’absence d’Achille, mais je conçois parfaitement que le danger dans lequel Nolan n’est pas tombé reposait justement dans la fidélité au matériau, si riche, si prodigue, qu’il est impossible d’en faire un bon film sans sombrer dans le feuilleton qui aurait davantage sa place dans un format plus domestique (l’amour de Nolan pour les plateformes depuis Tenet est bien connu).
Charybde et Scylla, rien à dire, le tourbillon est effroyable tout en restant dans une sobriété très réaliste, et le monstre est également assez discret, mort venant à la fois du ciel et de la terre. Le passage est à mes yeux parfait, car il est pour le coup l’histoire d’un passage, soit le simple choix d’une route, la conclusion d’un dilemme. Comme je l’ai dit avant, il renvoie à une situation homologue qui est consécutive, soit le séjour sur la plage où paissent les vaches d’Hélios. Moment de déterminisme terrible, quand Odysseus cette fois donne le choix et voit le pire se réaliser. La conclusion de l’odyssée maritime s’achevant véritablement quand les vents contraires s’apaisent le temps d’encourager l’équipage à reprendre la mer pour mieux le noyer. Tout est écrit, tout sera réalisé, le film met brillamment en scène le fatalisme qui est prégnant dans des mythes où les Parques tissaient l’existence des mortels qui naissaient en ce monde troublé.
Rapidement, reconnaître la maestria narrative de Nolan qui est connu pour sa capacité à destructurer (depuis Memento que j’ai récemment conseillé à mes barbares de gosses), à éclater le fil narratif pour concentrer les moments d’attention sur une émotion ou une intention précise. Avec un grand talent, Nolan fait le choix de montrer les mécanismes de l’oubli, puis de la loyauté, en faisant de la mémoire, la mère du moi, une clé précieuse pour retrouver sa route, retrouver le bonheur. Et là, superbe Charlize Théron qui incarne avec sa majesté naturelle une Calypso touchante et noble, qui par amour finit par relâcher son étreinte sur celui dont elle devine que le moment de la guérison est venue. Le film parle beaucoup d’amour véritable, et au lieu de faire de Calypso l’ultime perverse narcissique du coin, Nolan montre comment par amour il est possible de quitter l’autre quand on sait que son coeur bat ailleurs. A l’heure où souvent l’amour se confond avec la possession, le geste est beau même si Nolan ne montre pas les adieux certainement terribles qui en découlent.
Alors oui, il manque Nausicaa, tout n’est pas fidèle au récit originel, mais la proposition de Nolan est si intègre, si parfaite dans son propos, ses personnages sont si bien campés par des acteurs formidables comme Eliott Page, ou John Leguizamo (et la prestation géniale de son comédien dans la vf, Bernard Gabay ! – bon dieu, un timbre et une prosodie pareille ça fait du bien !), la conclusion est si jouissive, que j’en suis sorti et je demeure enthousiaste.
Car le plus important, le plus beau dans ce film, c’est bien le discours politique qui bien qu’en filigrane dit l’essentiel. Comment ne pas voir dans la conclusion d’Odysseus qui comprend la morale très nietzschéenne de la prise de Troie, soit qu’ils sont devenus le mal qu’ils craignent tant, qu’ils sont devenu l’horreur qu’ils invoquent en permanence pour justifier leurs traditions et la structuration même de leur société. Comment ne pas voir qu’Odysseus parle de la nation qui actuellement ne créent que cheval de troie sur cheval de troie pour piller et dévaster les sociétés et les cultures, par la guerre, la loi ou le commerce ?
Et n’oublions pas que Troie, Ilion, c’est la porte de l’Orient, son saccage, son pillage, son invasion, renvoie à tout ce qui se passe actuellement. Je sais que peu de commentateurs oseront faire le parallèle, mais oui, le film de Nolan est éminément politique, à la manière d’un Dantes et de son Enfer, les choses sont finalement clairement dites, et cette prise de position fait honneur au cinéaste – mais les artistes et le peuple ricains ne doivent jamais être tenus responsables des actes de leurs anax, pour reprendre un terme de l’histoire que je réalise actuellement.
L’Odyssée est certainement, indéniablement, le meilleur film de Nolan. C’est même certainement et pour longtemps le meilleur film sur l’Odyssée. J’ai adoré, et donc j’ai fait acte d’hommage et de célébration comme il se doit. C’est aussi la démonstration d’un esprit d’un autre temps qui s’impose à moi et qui me lie autant au temps présent qu’à celui révolu qui me manque tant.
Je vous ai déjà dit que le temps n’existe pas ?
