Just an illusion

Je demande pardon à Téléphone, le groupe mythique français des années 80, dont « Le jour s’est levé » demeure pour moi un des plus beaux fleurons au sein de la production musicale qui aura abordé, timidement, la question de l’éphémère. J’ai préféré prendre le titre de la chanson du groupe Imagination qui est aussi dans mon top du top, vieux con oblige. Mais « Juste une illusion » est aussi un très bon cru, que j’écoute souvent.

Je me demandais quoi écrire, et surtout, sur quoi écrire, m’étant rendu compte que je me répétais dans ma vision moraliste des choses et surtout des événements. Je me sens souvent bien seul avec mon obsession du bien et du mal, je me sens dinosaure parmi les mammifères, j’ai peur que la masse énorme de mes prétentions ne me fassent trop remarquer, et pas en bien, parmi les agiles primates qui m’environnent. Des consommateurs de bananes, des gros consommateurs, qui laissent pléthore de peaux derrière eux, vestiges glorieux de leurs féroces appétits… et ça glisse. Tu marches, de ci de là, et paf, une peau de banane, mais finalement c’est ta faute à toi si tu l’as pas vu, aussi.

Tu entends ce doux refrain ? C’est TA faute.

Et cette semaine, Bayrou et la rengaine des français qui ne travaillent pas assez, et qu’il faut avoir un discours de vérité, et vas-y que je t’enfume, encore et encore, même si tu portes un masque à gaz et une pancarte qui précise ce que tu penses, avec un gros « menteur ! » en lettre de feu. Quand tu as le monopole de la parole, tu fais ce que tu veux, avec le verbe créateur, réifiant, ce que tu dis devient vérité. Mais en fait non. C’est une invitation à participer à la comédie, et j’espère, oh oui j’espère, qu’une saine rétivité est en train de naître au sein de notre peuple atomisé par des décades d’illusions et de fausses certitudes.

Quand j’ai vu Bayrou, je me suis rappelé une anecdote personnelle. Je détestai l’école. C’est encore faible dans l’intention. Je haïssais l’école. Pour plusieurs raisons : je m’y emmerdais copieusement, je ne supportais pas la méchanceté et la violence qui y régnaient (alors que ça devait être presque paradisiaque au vu de la situation actuelle), et surtout je ne supportais pas d’être loin de ma mère. Ecris comme ça, je peux donner l’impression d’avoir été un gosse souffrant d’un violent complexe d’Oedipe et faible par nature. Non. Je voulais juste être avec elle car le sentiment d’amour que ma mère défunte m’a toujours témoigné était pour moi la nourriture suprême, essentielle. Je n’étais pas un enfant tactile, comme je ne suis pas devenu un père tactile. Ma fille, encore maintenant, me reproche la rareté de mes « câlins », ces étreintes qui vous font sentir l’autre de très près. J’ai toujours eu du mal avec ça, même avec mes parents, qui n’étaient absolument pas tactiles non plus. J’adorais vivre aux cotés de mes parents, qui étaient des gens calmes, doux, généreux, honnêtes. Quand je sortais de chez moi, j’allais dans un monde hostile et désordonné, violent et injuste. L’école pour moi c’était la corvée de m’emmerder en plus. A la maternelle, je faisais mes devoirs écrits au fur et à mesure où la maîtresse les donnait. J’avais raté le cours sur les divisions. J’ai appris en déduisant la méthode de l’opération. De l’école primaire jusqu’au bac, je n’ai clairement rien foutu. Et j’ai eu le bac du premier coup, ce qui pour moi revient de la puissance du karma plus que de mon véritable mérite. Certains diront que c’est la même chose, mais personnellement je sais quand j’ai droit à un miracle. J’en ai eu pas mal dans ma vie, des petits coups de pouce substantiels. Le bac en fut un, ce qui provoqua chez moi, durant de nombreuses années des rêves où je vivais une année de Terminale pour le repasser, comme j’avais prévu de le faire avec la belle Christina. Mais ça c’est une autre histoire.

En entendant Bayrou, une saynète de ma Terminale m’est revenue. Cette année là, durant l’été, j’avais vécu un sale chagrin d’amour ; mon meilleur ami m’ayant « piqué » la jeune fille de mes rêves d’ado, et j’étais salement touché. Blessé à mort, ne survivant qu’avec le farouche désir de ne plus être celui qui avait eu cet échec destructeur. A la rentrée, Christina était là, dans ma classe, et elle m’avait demandé à être ma colloc de table dans quelques matières. J’étais écorché et j’avais la plus belle infirmière qui me proposait de m’aider, sans le savoir. En Cyrano compliqué, voulant des obstacles au lieu de cueillir des roses, j’ai donc choisi la fuite en me convainquant que je trouverai mon bonheur dans une prudente distance. J’ai donc battu mon record d’absentéisme, surtout que j’avais conclu avec mes parents (en les mettant devant le fait accompli) qu’ils n’avaient plus droit à consulter mon bulletin scolaire. Par fierté, j’ai quand même concédé de leur faire voir le premier, qui était cataclystimement catastrophique. En cela, je ne dissimulais rien, comme ce que je faisais au lieu d’aller en cours. Régulièrement, je croisais les élèves de ma classe dans la rue, tandis que nos directions différaient. Eux allaient en cours, moi j’allais en ville. Je n’imaginais pas alors que ça provoquerait, déjà, une rancoeur tacite. Georges Brassens disait pourtant bien que « les braves gens n’aiment pas que/L’on suive une autre route qu’eux », sans que je ne comprenne l’analogie.

Mais j’allais parfois en cours, comme j’allais aux interrogations écrites, juste histoire de ne pas fuir l’ennemi non plus (fuir Christina était pour moi une forme de courage – je n’ai jamais dit que je n’étais pas très con non plus). Pour m’y planter. Ainsi, les devoirs de math, où je mettais mon nom/prénom, la classe, la date, et si j’étais inspiré les numéros des questions, suivis de blanc ou de propositions hypothétiques (j’ai toujours eu l’espoir qu’une inspiration divine m’infuse la connaissance mathématique, avec l’antériorité de mon exploit pour les divisions – en vain). Et donc au remise des-dits devoirs. Il faut un peu me comprendre, comme le chantait Berger, pour percevoir l’assurance, le sentiment de liberté, de se confronter à ce juge social qu’est le prof. Pour moi, l’école était une antre d’injustice, et l’affronter était important. Tout en convenant qu’il faudrait aller au bout du chemin et donc devoir y concéder. Mais pas cette année là, pas après l’été merdique où j’étais mort un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout.

Et là, j’ai vécu une fois une similarité d’impressions avec le discours de Bayrou. La prof me rend ma copie, un 0 ou un 1, que je réceptionne avec le mutisme romantique qui était le mien à l’époque, tandis que de très bonnes notes étaient saupoudrées autour de moi. Mais l’opprobre de ma situation ne me rendait pas non plus aveugle sur celle des autres. Quasiment tous les bons élèves trichaient, et j’avais juste un petit doute sur celle qui était la meilleure, car son sérieux et son calme silencieux, qui rivalisait presque avec le mien, m’inspirait un respect et une circonspection solidaire. J’ai toujours aimé passer pour un con auprès des imbéciles, acte libertaire invisible qui apparemment n’était pas aussi invisible que ça aux yeux des profs, vu les échos que certains m’en auront donné par la suite. Si j’avais voulu briller, j’aurais agi comme elle ; donc j’avais un doute, que son résultat au bac, par la suite, a tout de même amoindri. Car tous ces bons élèves se sont bien plantés, souvent plus que moi, à l’épreuve finale. Et elle aussi.

La prof rend les copies, et là, un grand dadais dont je ne me rappelle plus le nom, se fiche en face de moi et commence à se foutre de ma gueule. Je me souviens l’avoir regardé, toujours silencieux, avec ce sentiment de vide profond qui m’habitait souvent quand je constatais un comportement puéril à laquelle je ne savais pas répondre. Mais surtout, je voyais un imposteur qui oubliait que son mérite était à la fois factice et illusoire. J’étais timide à l’époque, et surtout je n’avais pas la capacité de structuration et d’analyse qui est la mienne à présent. Pour moi c’était un tricheur et un menteur. Qu’il ne puisse concevoir la beauté tragique de mon acte kamikaze ne me touchait pas. Et surtout, je m’interrogeais sur tous ces tricheurs. Je me demandais, car j’en avais l’intuition, s’ils ne s’étaient pas mis à croire à leurs propres mensonges. S’ils s’imaginaient bons en math. Autant l’étaient-ils, la triche ne représentait peut-être qu’une part infime de leurs bons résultats, juste de quoi gratter un point ou deux. J’étais indulgent à l’époque, vu la dévastation actuelle, je le suis beaucoup moins.

Les épreuves du bac sont arrivées, et par ailleurs celle en math. Je pensais rendre copie vierge, et là, nouveau miracle, je tombe sur un problème qui m’a donné loisir à barbouiller, pour une fois, du sens. Durant l’année, j’avais pris deux heures de cours particuliers avec une prof de math, qui au début désespérée, avait fini par me dire avec une franche admiration que j’avais l’esprit mathématique, que j’étais doué, etc. Ma vie sentimentale et intérieure accaparant alors ma psyché, ma mère ayant été réceptrice de la part de la prof de mon talent inexploité, je n’ai pourtant pas répété l’expérience. Mais j’avais effectivement compris le principe et la méthode, ce que j’ai reporté quelques mois plus tard à l’épreuve sacrificielle.

Je finis en rattrapage (déjà un miracle), et je finis par avoir ce bac dans un moment presque magique où j’ai été parfaitement éberlué. Dire que je ne m’y attendais pas est un euphémisme puissant. Mais surtout, record de redoublement cette année. Beaucoup de ces bons élèves étaient dans le panier, avec une note catastrophique en math. Nous étions tous allés au bout du karma, cette loi mystérieuse qui remet les choses dans l’ordre. Pour mon cas, ça tient du miracle, pur et simple, car une addition d’événements, d’interventions, ont sauvé ma peau. Je le dis encore avec humilité, je ne méritais pas ce bac. J’en avais les moyens, mais je n’avais rien foutu cette année là. Moi, je voulais redoubler avec Christina, et d’ailleurs, la seule chose qu’elle m’aura dit ce jour là, avec un dépit sensible, c’est « tu vois tu l’as eu », avant même que je n’aille voir par moi-même le résultat.

Je ne dirais pas que j’ai ressenti une joie quelconque à voir la déception de mes camarades. Voir ces cothurnes pleurer affadit ta joie. Mais j’avais été surpris, ébranlé, la stupéfaction m’avait rendu fébrile. La joie que j’ai manifestée, tellement imprévue, a provoqué un camarade avec qui j’entretenais une relation ambiguë. Petit harceleur et grand échalas, je ne m’étais pas décidé à le taper pour cause de magnanimité prudente. Là il vient m’agresser et me chercher, et je n’étais pas en état de contenir la bête. Un bon copain, me connaissant, intervient avec intelligence, le tempère, me soulage. Grâce lui soit rendue, je n’aurais pas voulu gâcher le boulot des forces qui m’auront bien aidé en me comportant comme un sale con d’être humain.

Cette année là, le taux d’échec en rattrapage fut un bug qui ne se renouvela pas les jours d’après. Je me rappelle d’amies, comme ma chère Frédérique, et d’autres dont je ne me rappelle plus le nom, qui décidèrent de ne pas renouveler l’affaire après deux échecs. Les bacs littéraires, économie et littérature, étaient des bacs complexes, pluridisciplinaires, qui exigeaient une réelle capacité à la fois d’assimilation mais surtout de structuration par l’écriture, chose pour laquelle j’ai toujours été doué… mais qui était déjà rare à l’époque. C’est grâce à ces capacités que beaucoup de profs me respectaient en ne comprenant pas vraiment pourquoi je ne faisais rien de ces prédispositions. Je ressemblais à un homme adulte au lycée, il n’était pas rare qu’on me prenne pour un pion… J’y étais malheureux, pas à ma place. Mais quand j’ai eu mon bac, c’est un peu comme si ma peine de prison s’achevait enfin. Et paradoxe facile, j’ai ensuite pris goût au travail comme à l’étude, j’ai enfin vécu mon épiphanie. J’étais sorti, enfin, de l’enclos de médiocrité dans lequel on m’avait confiné. Pour mes enfants, j’ai pourtant loué l’école, en répétant que c’est un lieu d’importance pour se cultiver, apprendre, s’améliorer. Bien que je considère que le principal de l’éducation se fait à la maison. C’est ce que j’ai fait avec mes enfants, et je suis fier du résultat, surtout que je n’ai guère été aidé dans la tâche, encore une fois.

Bayrou, cette semaine, m’a rappelé cette période. Je me suis demandé, comme pour mes camarades de classe, s’il avait conscience de sa perfidie ou s’il s’était mis à croire à ses propres mensonges. Avoir conscience de sa médiocrité nécessite une grande part d’humilité mais aussi de courage. Constater ses lacunes, ses manques, ses fuites, ses errances, ses erreurs, la réalité du résultat, te définit en tant qu’être humain. Nous sommes tous minables, exception faite de quelques uns qui nous sauvent et qui font le vrai boulot, le vrai taf. Je n’en suis pas, j’ai juste le courage de me savoir là où j’en suis, entre impuissance et lâcheté, entre désespoir et découragement. Je voudrais tellement faire plus mais je ne sais pas comment faire car je suis écrasé par tout ce qui pèse sur mes épaules… charge que j’ai acceptée mais qui me contraint. Je pourrais faire comme Bayrou, et tenter de manipuler les faits pour expliquer que je suis un superhéros, et que c’est votre faute, à vous, au système, à la terre entière. Nous ressentons tous, en ce moment, la conscience d’une injustice en marche, si j’ose l’allusion. Les illusions sont tenaces, nos vies terrestres et matérielles sont un piège de croyances et de certitudes, mais il n’est pas impossible que nos contempteurs, nos tyrans, ne soient pas moins dupes que nous le sommes.

Searching for a destiny that’s mine
There’s another place, another time
Touching many hearts along the way, yeah
Hoping that I’ll never have to say

It’s just an illusion (ooh, ooh, ooh, ooh, ah)
Illusion (ooh, ooh, ooh, ooh, ah)
Illusion

Follow your emotions anywhere
Is it building magic in the air?
Never let your feelings get you down
Open up your eyes and look around

It’s just an illusion (ooh, ooh, ooh, ooh, ah)
Illusion (ooh, ooh, ooh, ooh, ah)
Illusion

Could it be that… it’s just an illusion?
Putting me back in all this confusion?
Could it be that. it’s just an illusion, now?
Could it be that… it’s just an illusion?
Putting me back in all this confusion?
Could it be that. it’s just an illusion, now?

Could it be a picture in my mind?
Never sure exactly what I’ll find
Only in my dreams I turn you on
Here for just a moment then you’re gone

It’s just an illusion (ooh, ooh, ooh, ooh, ah)
Illusion (ooh, ooh, ooh, ooh, ah)
Illusion

Illusion
(Ooh, ooh, ooh, ooh, ah) Illusion
(Ooh, ooh, ooh, ooh, ah) Illusion
(Ooh, ooh, ooh, ooh, ah) Illusion

Could it be that… it’s just an illusion?
Putting me back in all this confusion?
Could it be that. it’s just an illusion, now?
Could it be that… it’s just an illusion?
Putting me back in all this confusion?
Could it be that… it’s just an illusion, now?

source : Imagination / 1982 / Album : In the Heat of the Night

L’escroquerie du consentement

Ce matin, pendant le boulot, j’écoutais l’interview de Francesca Gee par Alexis Poulin, sur son excellente chaîne Youtube du Monde Moderne, quand elle a abordé la question du consentement comme un processus visant non pas à procurer ce qui pourrait se définir comme un processus défensif contre certains abus notamment d’ordre sexuel (mais pas que) mais bien à couvrir les abus d’une couche plus ou moins opaque de permissivité involontaire.

J’ai déjà trop écrit sur ce blog cette semaine, mais l’actualité est surchargée, pour cause d’une corruption qui fait que les scandales à la fois se succèdent et à la fois perdurent. Pour le coup, j’ai trouvé cette interview, outre les informations qu’elle fournit sur le triste cas de la pédocriminalité, très intéressante pour cette réflexion sur l’aspect manipulatoire du consentement. Je suis déjà revenu sur ce blog sur le sujet d’un sophisme consciencieusement appliqué pour escroquer par la confusion du sens, notamment sur un billet qui dissertait sur la névrose « constitutionnelle » à mon sens nourrie par une vision romantique voire romanesque de la démocratie. J’ai insisté sur la duplicité, la tromperie, qui reposent en l’établissement d’un contrat pour prévaloir sur tous nos actes à la fois moraux mais également citoyens.

En bref, des lois ne peuvent qu’obliger alors qu’il faudrait que l’individu par lui-même adhère et participe pleinement à ce qui profiterait à tous. En désarmant l’individu de son libre-arbitre, en le rendant incapable par lui-même de formuler un but sociétal clair reposant sur une vision lucide et avertie du cadre systémique qui l’abrite, il n’est plus qu’un jouet, un simple individu consumériste, un idiot plus ou moins utile perméable à toutes les influences qui sauront se jouer à la fois de sa candeur et de ses illusions solidement entretenues. Penser que l’ordre et la loi sont des solutions, c’est volontairement ou non participer à transformer nos sociétés en tyrannies tristement organisées : la solution c’est veiller à une justice élémentaire, fondatrice de tous nos échanges tant publics que commerciaux. Ne pas concevoir, comprendre, que la misère organisée et volontaire est source de troubles profonds est une vilainie de plus. Hors, le consentement serait pour Madame Gee une énième escroquerie philosophique pour couvrir ceux qui sont en position de domination dans nos sociétés ploutocratiques. Et en y réfléchissant, ce qui semblerait une mesure salutaire se dévoile davantage comme une argumentation juridique de plus pour camoufler à la fois le crime et le problème.

A un moment, Alexis Poulin ne comprend pas le piège pour des adultes ; pourtant, le but d’un contrat, notamment, est bien d’ensevelir la sève du propos sous des couches bien sirupeuses et souvent malicieusement tarabiscotées pour tromper le souscripteur qui imagine simplement, trop simplement, que de toute manière tout est fait pour l’équilibre des parties. Tant de promesses merveilleuses pour qu’à la fin on vous renvoie au petit alinéa qui vous dit que non, y aura que dalle. Et encore, le principe devient de plus en plus à vous renvoyer à de longues relectures dudit contrat même si tout va bien. Je te dis non, et toi débrouille-toi pour revenir vers moi en structurant ton « mais j’insiste » en me disant par où je te suis obligé. Une loi salutaire ? Celle qui obligerait les abuseurs de paperasse à te payer le préjudice de ton temps inutilement sacrifié sur l’autel de l’odieuse roublardise.

L’esprit de contrat est pourtant dans notre démocratie française, à la base sur le principe d’équité entre les parties. Je ne suis pas un expert en droit pour connaître et comprendre tout ce qui a amené à cette volonté, mais oui, à la base un contrat établit un rapport d’égalité entre les deux parties dans un processus d’échange en veillant qu’il n’y ait pas un déséquilibre dans l’échange. Une petite pensée pour la Hollandie qui aura bien défoncé le droit du travail et couvert les abus des licenciements économiques en exemptant son plus grand ennemi des conséquences de tous les abus de la désindustrialisation frénétique que la France a connu les quinze premières années de ce nouveau millénaire.

Que cette volonté d’égalité, comme tout le reste, soit devenue accessoire, est le cas d’une faillite morale que nous devons tous constater. Je renvoie aux vidéos de Rémy Watremez sur sa chaîne Juste Milieu qui aborde la question du cas de Marine Le Pen avec une conscience des enjeux de cette affaire ; clairement, il dit bien que MLP est coupable, mais que le coeur du scandale réside dans l’impunité de tous ceux qui depuis des années ont fait pareil ou pire… et qu’ils sont légion. En bref, des lois, des contrats, s’ils ne sont que des leviers pour créer des injustices ou pire, couvrir des abus, dévoient leur fonction première. Ok pour condamner Marine Le Pen, mais quid de tous les autres, de notre cher premier ministre jusqu’aux abus des sociétés de conseil ? Nous avons même un exempté par prescription, cette horreur légale si pratique, à la tête du Conseil Constitutionnel. Cette corruption généralisée, à ciel ouvert, n’est permise que par notre impuissance organisée, par notre tacite… consentement.

Nous devrions tous être capables d’y voir clair, de comprendre, de discerner, de faire la part du bien et du mal. Mais dans une société où la confusion est à la fois entretenue et où les organismes formateurs ne veillent qu’à rendre les individus productifs, c’est compliqué d’avoir une pensée claire et structurée. Nous nous sommes tous habitués, au fil des ans, à cette corruption tacite et devenue par la force de choses plus que visible – tolérée, admise, autorisée, permise, fais ton choix. Nous avons tellement laissé les médias nous dire ce qui était bon ou mauvais, nous avons tellement laissé notre conscience au rythme des agendas et des lignes éditoriales des faiseurs d’opinion dont la voie est amplifiée, sur-capitalisée, faisant taire les grognements de la masse rendue invisible et monstrueuse (coucou les gilets jaunes), que sous couvert de « progrès » de nouveaux mécanismes de contrôle et de manipulation sont minutieusement mis en place.

Dans l’idéal, il faudrait que l’Etat soit le défenseur du citoyen qu’il représente. Mais dans nos sociétés libérales, nous en sommes tous remis à nous-mêmes pour assumer à la fois nos errances et nos erreurs personnelles, mais aussi celles que nos représentants prennent pour nous (de la damnation par la dette). L’adhésion, le consentement, l’élection, sont des processus qu’il faudrait entourer d’une claire vigilance, non pas pour circonvenir au manque de responsabilité de l’individu, car la question n’est pas non plus de pêcher par la défense de la désinvolture, mais bien pour ne pas rendre coupables des victimes par abus de candeur.

C’est un débat compliqué, car hier encore, j’écoutais Anouk Grinbert sur France Culture qui racontait la triste histoire de sa vie en prise à une société patriarcale qui a laissé des hommes abuser de celles dont leur devoir est de veiller et de respecter. Pour moi, c’est une logique de prédation, celle qui domine dans la nature, mais qui, dans le règne humain, devient en plus d’être une logique cruelle (devoir manger ce que nous dominons) devient une logique perverse (car dégagée du besoin de la pure survivance). Encore ce matin, j’écoutais des professeures sur Tocsin qui en revenaient encore à cette logique de l’ordre pour l’ordre, car ne comprenant pas que l’école ne pourra jamais se substituer parfaitement à l’éducation parentale élémentaire. Pourtant, il faut éduquer nos enfants, et par défaut, nous éduquer nous-même. J’explique souvent que mes parents ne m’ont pas éduqué, j’ai été réduit à moi-même, avec ce que ça représente de bon et de mauvais… mais j’ai eu la chance de profiter d’une saine exemplarité. Mes parents étaient des gens généreux, d’une bonté évidente et claire. Si les choses n’étaient pas formulées, elles étaient incarnées, et c’est ce qui m’a permis à la base d’avoir bon fond et à présent de pouvoir structurer mon propos par la sagesse qu’ils m’ont permis d’acquérir. Chez mes parents, il n’y avait ni consentement ni adhésion, il y avait juste à agir pour le mieux sans porter préjudice aux autres. Quoi qu’en disent les réfractaires à la morale élémentaire qui confondent souvent leur rejet de la religion et le besoin élémentaire d’une moralité comme ensemble de valeurs permettant de mieux vivre ensemble, nous avons plus que jamais, à l’heure d’aujourd’hui, besoin de retrouver la prégnance de l’identification de ce qui est bien ou mal dans tous nos échanges inter-relationnels (voire extra-relationnels, ne soyons pas économes de bonne volonté).

Je tenais à vous dire, Madame Grinberg, vous qui n’irez certainement jamais sur ce blog obscur, que j’ai personnellement arrêté de regarder « Mon homme » quand c’est très rapidement devenu un spectacle dégradant, du voyeurisme triste, comme tous ces tortures -porn qui sont à mes yeux l’accomplissement de cette triste jouissance à supporter la souffrance d’autrui comme un spectacle de plus parmi tous les spectacles. J’aimerai vous dire que non, tous les hommes ne sont pas des brutes, que ce n’est pas une affaire de sexe mais bien de conscience. Une conscience qui n’est pas une question de genre ou d’idéologie, juste un positionnement moral, existentiel, considérant chaque chose avec la volonté d’agir pour le mieux. J’ai beau, personnellement, remettre la question sur l’autel philosophique chaque jour, j’en reviens toujours à la nécessité d’une ambition personnelle de participer à l’avènement d’une société humaine plus juste et responsable, plus sage et noble. L’éducation ne peut se suffire de n’être qu’un dressage, qu’une domestication. Elle doit devenir une méthode propédeutique d’émancipation pour que chaque individu aie les moyens de faire pour lui comme pour les autres, les meilleurs choix.

Fait étrange, à la manière de la tolérance qui induit l’intolérance contenue, le consentement induit l’abus consenti. C’est cette triste vérité dont il était question ce matin, chez Alexis Poulin. C’est le piège qui nous menace tous, dans un monde de sophistes, quand tout devient sujet à escroqueries et manipulations par la nature foncièrement polysémique des mots. Accepter son sort, ce n’est pas admettre qu’il était souhaité. Attention à ne pas faire de la résignation un sacrifice volontaire.

Good bye Val Kilmer

Il y a des acteurs qui l’air de rien, vous touchent au-delà des rôles qu’ils jouent, des films qui démontrent leur art, du succès qu’ils reçoivent. Pour moi, Val Kilmer était particulier, car à l’aube de ma majorité, quand je me découvrais cinéphile, je dévorais un Kill Me Again, vivant la chaleur du sud que j’avais rejoins tout en goûtant l’âcreté des histoires un brin amorales de John Dahl, qui dans ma mémoire, se mêle avec ces instants bénis de ma jeunesse. Il va surtout jouer un rôle qui demeure pour moi une icône puissante de mon imagerie personnelle. Il est temps de parler de Tombstone, un de mes films honteux car je l’aime pour tellement de mauvaises raisons en oubliant que le film est à la fois très mal structuré et maladroit dans son propos. Tombstone ne réussit pas le miracle HIghlander qui voyait ses outrances devenir ses moments de gloire… les deux films partagent paradoxalement les mêmes qualités : un casting prestigieux, une belle image et une bonne musique (bien que la BO d’Highlander demeure grâce à la magie de Queen et de Michael Kamen une tuerie définitive, à mes oreilles inégalée voire inégalable), et une VF au top du top (je suis un fan, c’est le bon mot, des doubleurs d’antan)… mais Tombstone pêche par une superficialité au niveau de ses personnages, qui ne sont que des archétypes, et son montage brinquebalant (petite mention, à la fin, quand Doc Holliday laisse partir Wyatt à son duel, pour arriver bien avant lui sans que ne soit explicité ce miracle digne d’un ninja). Mais, mais, mais… Doc Holliday, quoi. Val Kilmer est pour moi la raison qui fait que j’adore ce film et que je ne l’ai pas honni malgré tous les défauts qui m’empêche d’aimer fièrement ce film. Il y a eu plein de versions/interprétations du personnage de Doc Holliday, et pas les moins admirables, au contraire. Mais Val Kilmer est juste parfait, à mes yeux toujours, dans ce personnage qu’il nous offre de cynique mourant, de solitaire amer, de vaincu superbe, d’ami tragique. La scène du saloon où il joue de la tasse en réponse à un pistolero qui joue du pistolet… bah j’adore… j’aime cette belle critique de la vanité, de la fatuité, venant d’un homme qui pour une fois ne rentre pas dans un duel de virilité à la con. J’aime quand il porte son long manteau sur les épaules, à même son vieux tee-shirt et ses bretelles visibles. J’aime quand il dit que Wyatt a été son seul ami et que c’est pour ça qu’il ne l’abandonne jamais. J’aime son teint cireux, ses yeux rougis, sa sale gueule de malade. Val Kilmer nous montre un agonisant qui ne sait que cramer/crâner sa vie car en lui quelque chose est définitivement brisée, qu’il y a une déception qui tranquillement mais sûrement l’a miné en broyant en lui la moindre idée du bonheur. J’aime voir cet homme sensible, fauve maussade parmi les fauves vulgaires et brutaux, en colère quand un comédien est sauvagement et surtout inutilement assassiné. J’aime ce dernier plan, qui frôle le ridicule, où le personnage meurt tandis que ses deux pieds nus dépassent du lit, voyant quelque chose d’un coup, qui semble enfin le surprendre.

J’ai depuis lors, toujours suivi la carrière de Val Kilmer, ne pouvant m’empêcher de l’apprécier, car discernant une belle sensibilité peu à peu étouffée par le temps et des intrigues qui ne lui permettaient pas d’offrir une aussi virtuose interprétation. Je me dis que d’autres jugeront au contraire sa prestation outrancière et cabotine. Je m’en tape, je joue de la tasse avec eux quand ils veulent, moi aussi je suis un tassolero de grand talent.

Bye Val Kilmer, la mort n’est rien mais le manque, lui, est bien réel.

Tant que le lien durera, la scène du saloon dans Tombstone :

Avril en France

J’ai énormément de brouillons qui dorment sur ce site, car j’écris depuis quelques semaines très régulièrement, mais parvenu à la conclusion ou parfois même en plein milieu du gué, je ne valide point l’expression de la pensée du jour. A vrai dire, j’ai l’impression de constamment me répéter dans ma vision très morale, et il faut l’avouer, très moraliste du monde, un peu comme le vieux con (que je suis) qui ne fait que ressasser, en marmonnant, ses petits griefs à un monde qui n’en a rien à foutre de ses frustrations et surtout de sa pathétique opinion.

Mais comment voulez-vous faire quand, dès le matin, on vous bassine avec l’IA ? Allez, vas-y de l’oracle d’un grand remplacement maintenant digital, numérique, qui menace nos vies et nos emplois précieux dans cette grande chaîne qu’est devenue la société consumériste moderne. Pire, certains font des IA des oracles vers lesquels vont se tourner servilement des petits humains en quête de sens. Tu me diras, dans des sociétés-prisons qui enferment ses citoyens dans des geôles symboliques et sémantiques, espérez que la machine soit un sauveur potentiel, c’est bien l’ultime expression d’une décadence programmée. Dis-moi, machine (avant on disait « machin » – mais ça c’était avant), quel espoir de liberté me reste-t-il dans un monde qui m’aliène (ne pas confondre avec « alien » dans le prompt) tous les jours davantage dans une logique non-sensique me réduisant à un simple atome productiviste à la valorisation estimée par ceux qui ont organisé mon exploitation ? Je serais tenté d’aller poser la question directement à certaines IA pour en constater la réponse, pour disséquer l’algorithme derrière le propos et surtout spéculer sur la base de données. Mais j’ai passé le cap de l’ironie facile. Ce qui me fascine et me rend très pessimiste, c’est de constater à quel point cette escroquerie de l’IA passe de partout et auprès de tout le monde.

Ce matin, sur Tocsin, un intervenant en est allé de son analogie du marteau. J’imagine donc, quand le marteau fut créé, l’objet puis le mot pour le désigner, puis l’usage, puis la fixation dans les mœurs, puis la réduction au rôle d’outil finalisant sa place dans la hiérarchie de valeurs dans notre préoccupation du monde. Et là, pour l’IA, on en est à « ça y est Terminator arrive… ». Je caricature, mais presque pas. Certains imaginent déjà l’esprit synthétique pointer son doigt digital sur le bouton rouge, d’autres projettent des esprits numériques traitant et charriant l’information, les services, dans un automatisme implacable et parfait. La société du rouage, dans laquelle l’humain affronte l’horreur de ne plus pouvoir trouver de sens à sa vie par la productivité, en sus de se voir priver de sa capacité à encaisser de la thune, si nécessaire à nos existences urbaines et artificielles.

Déjà, ça commence à me les broyer menus, mais bon, je passe l’apocalypse technologique qui font les beaux jours des prophètes dont le petit bagage technique trouve chaque jour sa clientèle fascinée. Et là, Marine Le Pen… Non, je ne commenterai pas ce que je pense du RN, mon opinion étant que la politique française n’est plus qu’une sinistre pièce de théâtre avec des comédiens plus ou moins amateurs, plus ou moins inspirés, plus ou moins doués pour le sophisme attendu, et même Mélenchon qui auparavant suscitait un poil de respect me déçoit par la continuité de certaines obsessions qui ne dissimulent plus l’oubli d’injustices de plus en plus flagrantes (je pense notamment aux suspensions de droits de certains travailleurs au moment de la « crise » Covid). La gauche, la droite, l’extrême droite, l’extrême gauche, sont des polarités bien pratiques pour nous piéger dans une vision duelle, manichéenne et divisionniste qui fait les beaux-jours des exploiteurs en chef. Donc Marine est condamnée ? Ce qui me choque ce n’est pas ça, c’est bien que d’une part on en vienne à trouver anormal qu’elle ne profite pas des largesses habituelles d’une Justice très sélective, et surtout que le débat ne soit pas à propos d’une Justice à l’équanimité parfaite mais bien adaptative à une certaine volonté politique. Les différents commentateurs ne discutent pas de la Justice pour ce qu’elle devrait être mais bien pour ce qu’elle devrait faire. En bref, c’est une bataille pour peser sur un des deux plateaux de la balance, parce que comme toujours, j’ai raison, le peuple a raison, ma mère a raison, mon chat a raison, en face ils sont méchants, nazis, fascistes, complotistes, antivax, intégristes, communautaristes, mets ton mot en « iste »… Et que c’est un complot, et que c’est l’état profond, et que c’est n’importe quoi, c’est un scandale, comme en Roumanie, en Ukraine, la faute des russes, de Trump et du méchant Musc, etc. Qu’on en vienne à voir l’éviction de Marine Le Pen, qui se sera bien faite escroquée de son très visible arrangement avec la pseudo majorité gouvernementale, comme un drame, est pour moi une faillite programmée. A l’évidence, l’idée c’est de parier sur les petits jeunes, Bardella en tête, Attal en embuscade, avec les briscards Edouard Philippe dont les médias de droite nous assènent régulièrement qu’on l’adore et qu’on le plébiscite (qu’il est con ce « on ») et Dominique de Villepin qui, outre son incarnation du bourgeois révolutionnaire fidèle aux idéaux d’antan, a le mérite tout de même de certaines positions courageuses. Du coté de la gauche on aura l’escroquerie Glucksmann, pour ceux qui se biberonnent au médias mainstream, si rassurant avec son éthos bobo et ses petites sorties comico-tragiques (j’ai l’impression de voir des gags de la série Friends quand je l’entends parler). Mélenchon viendra, solide sur ses fondations, et la question sera de savoir si nous en sommes encore à la prégnance des médias classiques ou si commence à émerger une nouvelle donne médiatique et donc un impact sur les urnes. Autre paramètre des futures présidentielles, la repolitisation des jeunes qui constatent, dans la douleur, l’escroquerie générale et notamment la faillite des promesses. Les nouvelles technologies étant un dédale sublime dont le chaos est proportionnel à la masse d’opinions outrageuses qui ne sont en grande partie que l’expression d’une émotion non contenue, ça votera encore en masse pour la punchline qui nous rappellera celle d’une star américaine dans toutes les productions qui nous ont habitué à coupler verve et verbe, malice et victoire. Quel drame de vivre dans la société du bon mot, et j’en connais une blinde, car dans ma vie j’aurais pas mal briller de ce coté là. Pour pas grand chose, car si j’ai de l’esprit, je n’aime pas le dévoyer à de sinistres fins…

Il y a peu, quelqu’un m’a demandé d’intervenir, verbalement, pour présenter et défendre son cas… j’ai poliment accepté la tâche, parce que l’expression orale est un exercice que mon extraversion naturelle permet avec facilité. Encore une fois, j’ai vécu ce moment terrible durant lequel je sens que mon interlocuteur s’interloque… Ce moment bizarre, alors que je finis ma diatribe, et là, un blanc, étrange, presque inattendu, un moment figé où tout le monde se regarde et le silence s’installe. Maintenant, je ris intérieurement. Une part de moi se dit que le gars en face n’en a certainement rien à foutre, peut-être même qu’il n’a rien compris. Ou alors il était en souffrance, attendant que je m’arrête vivant un martyr sensoriel en devant subir ma diarrhéique logorrhée. Ou pire, et c’est ça qui me fait marrer le plus, c’est parce que nous ne sommes plus dans la même réalité et qu’il a rencontré un dinosaure, un vrai, alors qu’il croyait que ça n’existait que dans les trucs de Balzac que des profs sadiques ont tenté de lui imposer il y a longtemps, très longtemps. Trop longtemps.

D’où l’intérêt de ce site, où je peux m’épancher à loisir de ma pensée complexe. Je m’amuse à présent à coucher mes longues phrases verbeuses, avec en tête la discipline de structurer le propos en petits fragments abondant tout de même d’un peu de sens et de hauteur. Des états d’âme où se mêlent un cynisme certain et une désespérance tranquille. J’ai été enfermé avec des fous et des ahuris, je tire ma peine mais je n’oublie tout de même pas de m’amuser et surtout d’apprendre. Cette matrice est un asile, un nid de coucous qui se disputent l’entonnoir, les Shadoks pour de vrai mais sans la voix si délicieusement cocasse de Claude Piéplu.

Et pour conclure, je ne résisterai donc pas à finir sur une devise Shadok que j’ai eu longtemps sur le mur de ma chambre d’adulescent :